{"id":287,"date":"2012-08-31T12:04:18","date_gmt":"2012-08-31T11:04:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.3poles.fr\/?p=287"},"modified":"2018-11-20T16:16:43","modified_gmt":"2018-11-20T15:16:43","slug":"terre-de-baffin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.3poles.fr\/en\/expeditions\/amerique-du-nord\/terre-de-baffin\/","title":{"rendered":"Terre de Baffin"},"content":{"rendered":"[vc_row][vc_column][vc_column_text el_class=&#8221;addQuote&#8221;]\n<div id=\"DIV_1\">\n<div id=\"DIV_2\">\n<p id=\"P_3\"><em><strong>\u00ab Il faut avoir un chaos en soi pour accoucher d\u2019une \u00e9toile qui danse \u00bb<\/strong><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>Friedrich Nietzsche<\/strong><\/em><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n[\/vc_column_text][vc_separator color=&#8221;mulled_wine&#8221; border_width=&#8221;2&#8243; el_width=&#8221;40&#8243; el_class=&#8221;baisseLeSeparateur&#8221;][vc_column_text]\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>JOURNAL DE BORD &#8211; TERRE DE BAFFIN<\/strong><\/p>\n[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=&#8221;1\/3&#8243;][vc_single_image image=&#8221;4024&#8243; img_size=&#8221;large&#8221; onclick=&#8221;custom_link&#8221; link=&#8221;\/gallery\/terre-de-baffin\/&#8221;][\/vc_column][vc_column width=&#8221;1\/3&#8243;][vc_single_image image=&#8221;4022&#8243; img_size=&#8221;large&#8221; onclick=&#8221;custom_link&#8221; link=&#8221;\/gallery\/terre-de-baffin\/&#8221;][\/vc_column][vc_column width=&#8221;1\/3&#8243;][vc_single_image image=&#8221;4012&#8243; img_size=&#8221;large&#8221; onclick=&#8221;custom_link&#8221; link=&#8221;\/gallery\/terre-de-baffin\/&#8221;][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Raid en tra\u00eeneau \u00e0 chiens en Terre de Baffin<\/strong><\/p>\n<table style=\"width: 100%;\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"3\" bgcolor=\"#efefef\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><em><strong>Mercredi 10 Avril<\/strong><\/em><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.3poles.fr\/gallery\/terre-de-baffin\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3988 alignleft\" src=\"http:\/\/www.3poles.fr\/\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J1-Iqaluit-ae\u0301roport1-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J1-Iqaluit-ae\u0301roport1-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J1-Iqaluit-ae\u0301roport1-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J1-Iqaluit-ae\u0301roport1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J1-Iqaluit-ae\u0301roport1-1200x800.jpg 1200w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J1-Iqaluit-ae\u0301roport1.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 85vw, 300px\" \/><\/a>L\u2019avion d\u00e9colle de Paris \u00e0 11 heures, direction Montr\u00e9al au Canada. Huit heures de vol et six heures de d\u00e9calage horaire. Nous arrivons \u00e0 Montr\u00e9al \u00e0 13 heures, heure locale. A 14h30, notre deuxi\u00e8me vol de la journ\u00e9e sur Air Canada. Un saut de puces d\u2019une quarantaine de minutes vers Ottawa. Vers 16 heures, nous nous retrouvons dans un motel en nord de Nationale, situ\u00e9 \u00e0 mi-chemin entre l\u2019a\u00e9roport et la ville. Un h\u00f4tel miteux, typiquement am\u00e9ricain, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment fonctionnel.<\/p>\n<table style=\"width: 100%;\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"3\" bgcolor=\"#efefef\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><em><strong>Jeudi 11 Avril<\/strong><\/em><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre avion d\u00e9colle de Ottawa \u00e0 8h30. Direction Iqaluit, la capitale du Nunavut, dernier Etat \u00e0 \u00eatre devenu autonome au sein de la f\u00e9d\u00e9ration canadienne, et anciennement int\u00e9gr\u00e9 aux Territoires du Nord-Ouest. Le Grand Nord canadien est desservi par quatre compagnies a\u00e9riennes\u00a0: First Air, Air Inuit, Canadian North et Calm Air. La plus importante \u00e9tant First Air. Elle dessert indiff\u00e9remment les trois Etats du Grand Nord canadien\u00a0: le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut. Ce dernier est le plus vaste d\u2019entre tous et le plus septentrional. Il monte au-del\u00e0 du 80\u00e8me degr\u00e9 de latitude nord. Le dernier village habit\u00e9 le plus septentrional est Resolute, situ\u00e9 sur l\u2019\u00eele de Cornwallis, au 75\u00e8me degr\u00e9 de latitude nord, \u00e0 peu pr\u00e8s au m\u00eame niveau que Grise Fjord, implant\u00e9 au sud de la Terre d\u2019Ellesmere. Les canadiens conservent deux bases un peu plus au nord\u00a0: Eur\u00e9ka au 80\u00e8me degr\u00e9 et Alert au 82\u00e8me. C\u2019est la base militaire la plus septentrionale au monde. Le Nunavut occupe 20% de la surface du Canada \u2013 environ 2 millions de km2. Sa population est estim\u00e9e \u00e0 27\u00a0000 habitants dont 5\u00a0200 vivent dans la capitale Iqaluit. Les Inuits repr\u00e9sentent approximativement 85% de la population totale de l\u2019Etat\u00a0; les autres sont des blancs, les \u00ab\u00a0Qaalunat\u00a0\u00bb, venant du sud. Vingt huit villes ou villages peuplent cet immense territoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.3poles.fr\/gallery\/terre-de-baffin\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3987 alignright\" src=\"http:\/\/www.3poles.fr\/\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J1-Iqaluit-ae\u0301roport2-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J1-Iqaluit-ae\u0301roport2-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J1-Iqaluit-ae\u0301roport2-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J1-Iqaluit-ae\u0301roport2-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J1-Iqaluit-ae\u0301roport2-1200x800.jpg 1200w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J1-Iqaluit-ae\u0301roport2.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 85vw, 300px\" \/><\/a>Direction Iqaluit, donc, sur un vieux bir\u00e9acteur de la First Air, adapt\u00e9 aux conditions rigoureuses de la r\u00e9gion. Le vol depuis Ottawa dure 3 heures. Nous montons de 2\u00a0200 kilom\u00e8tres, plein nord. Peu \u00e0 peu, la v\u00e9g\u00e9tation s\u2019\u00e9claircit et l\u2019avion ne survole plus qu\u2019un long manteau neigeux. Au bout de deux de vol, nous survolons la c\u00f4te qui se d\u00e9tache nettement de la banquise, plate et blanche \u00e0 perte de vue. Bient\u00f4t, nous atteignons le bord de la mer gel\u00e9e. Iqaluit est situ\u00e9 en Terre de Baffin, l\u2019\u00eele la plus importante du Nunavut. Nous traversons donc un large d\u00e9troit de mer libre, au centre duquel la force des courants a cass\u00e9 la banquise. Puis, de nouveau, le survol d\u2019une banquise plus compacte \u00e0 l\u2019approche de la Terre de Baffin. Le jeu des plaques de glace est merveilleux vu d\u2019avion. Survol de la Meta Incognita Peninsula puis arriv\u00e9e dans le fjord d\u2019Iqaluit. Nous sommes \u00e0 63\u00b045\u2019 de latitude nord. Le plafond de nuage est bas. Le vent violent. L\u2019avion est secou\u00e9 dans tous les sens. Nous per\u00e7ons au dernier moment la couche de nuage et apercevons Iqaluit\u00a0: des centaines de maison de couleur, \u00e0 un \u00e9tage, aux fen\u00eatres closes, r\u00e9parties le long de la baie. L\u2019avion tangue dans tous les sens. L\u2019atterrissage est brutal. Nous voici \u00e0 Iqaluit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le temps est ex\u00e9crable dehors. Nous sortons par la queue de l\u2019appareil. La piste est balay\u00e9e par des rafales de neige. Il est 11h30. Nous traversons la piste et courons nous r\u00e9fugier \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019a\u00e9roport. Il a un aspect de base lunaire, jaune, petit, un seul hall pour les arriv\u00e9es et les d\u00e9parts. La temp\u00e9rature \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, \u00e0 l\u2019abri du vent, est de -26\u00b0c.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous devons prendre un nouvel avion pour Pangnirtung, puis Qikiqtarjuaq \u00e0 13 heures. Iqaluit est le seul a\u00e9roport au Nunavut qui soit \u00e9quip\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me ILS (syst\u00e8me d\u2019aide \u00e0 l\u2019atterrissage aux instruments). Le pilote devra donc atterrir \u00e0 vue sur nos deux prochaines escales. Compte tenu de la visibilit\u00e9, du froid et des conditions de vent, le d\u00e9collage est une premi\u00e8re fois repouss\u00e9 \u00e0 14 heures. Le temps ne s\u2019am\u00e9liore pas. A 15 heures, on nous annonce que le vol est d\u00e9finitivement annul\u00e9. Il n\u2019y aura plus de d\u00e9part aujourd\u2019hui. Apr\u00e8s avoir r\u00e9serv\u00e9 notre place dans le vol du lendemain matin, nous partons \u00e0 la recherche d\u2019un h\u00f4tel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous atterrissons au Navigator Inn que nous occuperons \u00e9galement au retour, dans une semaine. En d\u00e9but de soir\u00e9e, nous nous retrouvons tous au bar de l\u2019h\u00f4tel. En raison des probl\u00e8mes d\u2019alcoolisme au Nunavut, les bars sont interdits et seuls les h\u00f4tels et les restaurants peuvent servir de l\u2019alcool. Et encore, selon des horaires pr\u00e9cis \u2013 17h30 \u00e0 21h30 \u2013 et des modalit\u00e9s strictes \u2013 seuls les clients\u00a0 assis peuvent \u00eatre servis. Le nombre de chaises \u00e9tant limit\u00e9 et toute la population locale se retrouvant le soir dans les quelques h\u00f4tels qui servent de l\u2019alcool, vous avez toutes les chances de ne pas pouvoir vous faire servir. Inutile de pr\u00e9ciser que les sup\u00e9rettes ne vendent pas d\u2019alcool\u2026<\/p>\n<table style=\"width: 100%;\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"3\" bgcolor=\"#efefef\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><em><strong>Vendredi 12 Avril<\/strong><\/em><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.3poles.fr\/gallery\/terre-de-baffin\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3996 alignleft\" src=\"http:\/\/www.3poles.fr\/\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-Paysage-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-Paysage-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-Paysage-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-Paysage-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-Paysage-1200x800.jpg 1200w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-Paysage.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 85vw, 300px\" \/><\/a>R\u00e9veil matinal \u00e0 5h30. Nous devons nous pr\u00e9senter \u00e0 7 heures, dernier d\u00e9lai, pour un d\u00e9collage \u00e9ventuel \u00e0 8h30. Le temps est superbe. La temp\u00e9rature est largement remont\u00e9e. Il fait -16\u00b0c \u00e0 l\u2019affichage num\u00e9rique de l\u2019a\u00e9roport. A l\u2019heure dite, nous prenons place dans un bimoteur \u00e0 h\u00e9lices de la First Air qui doit nous conduire \u00e0 Pangnirtung. Les deux tiers de son fuselage sont r\u00e9serv\u00e9s au fret. Ce mode de transport reste, en effet, le seul moyen en hiver d\u2019acheminer les biens de consommation courants \u00e0 Iqaluit et sur tout le territoire du Nunavut. En \u00e9t\u00e9, les villes et villages les plus au sud sont ravitaill\u00e9s par bateau. C\u2019est la p\u00e9riode pendant laquelle sont achemin\u00e9s les gros volumes \u2013 voitures, ski-doo, bateaux de p\u00eache, bois ou t\u00f4les pour les maisons. Les villes les plus septentrionales continuent \u00e0 \u00eatre ravitaill\u00e9es par avion. Le n\u00f4tre compte 16 places\u00a0: deux de chaque c\u00f4t\u00e9 de la carlingue, sur quatre rang\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le paysage est magnifique\u00a0: fjords gel\u00e9s, c\u00f4tes d\u00e9coup\u00e9es, relief accident\u00e9. Dans la r\u00e9gion que nous traversons, les parois de certaines montagnes d\u00e9butent au niveau de la mer et montent \u00e0 plus de 2\u00a0000 m\u00e8tres. Au bout d\u2019une heure et quart de vol, nous arrivons \u00e0 Pangnirtung, village situ\u00e9 au bout d\u2019un fjord enclav\u00e9. La piste d\u2019atterrissage est construite \u00e0 m\u00eame la banquise. Nous sommes \u00e0 66 degr\u00e9 de latitude nord, \u00e0 peu pr\u00e8s au niveau du cercle polaire arctique. A 10h15, apr\u00e8s une demi-heure d\u2019escale, nous repartons dans un Twin Otter de la First Air vers notre destination finale\u00a0: Qikiqtarjuaq. Pour rejoindre ce village, notre avion doit se faufiler entre les montagnes et les glaciers gigantesques. Notre avion vole entre deux parois rocheuses, virant sans cesse d\u2019un bord \u00e0 l\u2019autre, jouant avec les courants ascendants ou descendants. Nous ne prenons jamais beaucoup d\u2019altitude. L\u2019arriv\u00e9e est hallucinante. D\u00e9bouchant d\u2019un couloir entre deux montagnes, notre avion plonge vers le flanc de celle qui nous borde \u00e0 gauche, d\u00e9couvrant un passage entre deux pics rocailleux. Le col pass\u00e9, notre pilote entame une descente vertigineuse le long de la paroi rocheuse, puis vire soudain \u00e0 gauche, redresse l\u2019appareil et appara\u00eet la mer glac\u00e9e du d\u00e9troit de Davis, situ\u00e9 entre la Terre de Baffin et le Groenland, et l\u2019\u00eele de Qikiqtarjuaq, \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres de la cote.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">67,5 degr\u00e9 de la latitude nord. Notre avion se pose sur la glace. Nous sommes au bout du monde.\u00a0Dans un village d\u2019\u00e0 peine 200 \u00e2mes, \u00e0 2 heures et demi d\u2019avion de la premi\u00e8re ville. Plus au nord, quelques villages peuplent la c\u00f4te de la Terre de Baffin\u00a0: Clyde River, Pond Inlet,\u2026puis le sud de la Terre d\u2019Ellesmere, la derni\u00e8re \u00eele avant le p\u00f4le. Ensuite, c\u2019est le d\u00e9sert\u2026total. Pendant des centaines, des milliers de kilom\u00e8tres. En face de Qikiqtarjuaq, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la mer, le Groenland. Et \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 la m\u00eame latitude, la mythique baie de Disko qui d\u00e9bite les plus gros icebergs de l\u2019h\u00e9misph\u00e8re nord. Je sors de l\u2019avion et pose le pied sur la glace. Nos bagages sont d\u00e9pos\u00e9s \u00e0 terre. Nous nous en saisissons, puis sortons du minuscule a\u00e9roport de Qikiqtarjuaq. A l\u2019ext\u00e9rieur, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la cl\u00f4ture qui prot\u00e8ge la piste d\u2019atterrissage, nous retrouvons Michel qui nous accompagnera pendant toute la dur\u00e9e du raid. Pauloosie, notre guide inuit est pr\u00e9sent \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Les pr\u00e9sentations termin\u00e9es nous nous acheminons vers le village, \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres de l\u2019a\u00e9roport. Nous nous installons dans le refuge, l\u2019unique \u00ab\u00a0h\u00f4tel\u00a0\u00bb du village, qui nous a \u00e9t\u00e9 allou\u00e9 pour la nuit. L\u2019apr\u00e8s-midi est consacr\u00e9e \u00e0 la d\u00e9couverte du village\u00a0: une quarantaine de maisons pos\u00e9es au bord de l\u2019eau face \u00e0 la Terre de Baffin. A cette latitude, la mer ne d\u00e9g\u00e8le que deux mois par an, ce qui n\u2019emp\u00eache bon nombre de familles d\u2019\u00eatre dot\u00e9es d\u2019une embarcation l\u00e9g\u00e8re, g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 moteur, qui remplace avantageusement le cano\u00eb d\u2019autrefois.<\/p>\n<table style=\"width: 100%;\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"3\" bgcolor=\"#efefef\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><em><strong>Samedi 13 Avril<\/strong><\/em><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.3poles.fr\/gallery\/terre-de-baffin\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4025 alignleft\" src=\"http:\/\/www.3poles.fr\/\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J6-Qiqiktarjuaq-ae\u0301roport1-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J6-Qiqiktarjuaq-ae\u0301roport1-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J6-Qiqiktarjuaq-ae\u0301roport1-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J6-Qiqiktarjuaq-ae\u0301roport1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J6-Qiqiktarjuaq-ae\u0301roport1-1200x800.jpg 1200w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J6-Qiqiktarjuaq-ae\u0301roport1.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 85vw, 300px\" \/><\/a>Qikiqtarjuaq, anciennement d\u00e9nomm\u00e9 Broughton Island, a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es soixante, comme toutes les villes et villages du Nunavut. Afin d\u2019asseoir son autorit\u00e9 sur cette partie de l\u2019Arctique, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral canadien avait d\u00e9cid\u00e9 de proc\u00e9der au regroupement des campements, compos\u00e9s de quelques familles, diss\u00e9min\u00e9s sur tout le territoire. Cette politique devait \u00e9galement permettre au Canada de diminuer les \u00e9carts de niveau de vie et d\u2019\u00e9ducation entre les diff\u00e9rentes composantes de sa population \u2013 blancs, indiens et Inuits \u2013 et d\u2019offrir un meilleur acc\u00e8s aux services publics aux habitants les plus d\u00e9favoris\u00e9s. Le regroupement s\u2019op\u00e9ra plus ou moins douloureusement. Un certain nombre de familles refus\u00e8rent le diktat d\u2019Ottawa et la modification profonde de leur mode de vie, redoutant \u2013 comme tout peuple en p\u00e9ril \u2013 l\u2019appauvrissement ou la disparition de leur culture, de leur tradition et de leur histoire mill\u00e9naire. Le temps a pass\u00e9\u2026 La derni\u00e8re famille pratiquant un mode de vie nomade a rejoint, au d\u00e9but des ann\u00e9es 80, les communaut\u00e9s cr\u00e9\u00e9es de toutes pi\u00e8ces par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral. Aujourd\u2019hui, rares sont ceux qui, aux p\u00e9riodes de chasse, quittent encore le village pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Rares sont ceux qui vivent encore de la p\u00eache ou de la chasse ou qui poss\u00e8dent des chiens. On pr\u00e9f\u00e8re d\u00e9sormais la motoneige ou le 4&#215;4.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A cet \u00e9gard, l\u2019\u00e9cart de d\u00e9veloppement entre les r\u00e9gions arctiques du Canada et le Groenland, o\u00f9 vit \u00e9galement une importante communaut\u00e9 inuit, est saisissant. Le gouvernement canadien a mis en \u0153uvre une politique de d\u00e9veloppement intensif de ses territoires du nord. Pas un village qui ne dispose de l\u2019eau courante, de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, d\u2019un supermarch\u00e9, d\u2019une \u00e9cole, de plusieurs \u00e9glises en majorit\u00e9 protestantes, d\u2019un poste de police, etc\u2026 Pas une famille qui ne soit dot\u00e9e d\u2019une t\u00e9l\u00e9vision ou d\u2019une motoneige. Les \u00e9changes commerciaux avec les autres \u00e9tats du Canada sont fr\u00e9quents. Les enfants vont \u00e9tudier dans les grandes capitales du sud \u2013 Montr\u00e9al, Toronto, Vancouver,\u2026 Au Groenland, en revanche, les familles ont conserv\u00e9 un mode de vie plus traditionnel. Le chien a toujours la primaut\u00e9 sur la traction m\u00e9canique. Chaque famille en compte au moins dix et le moindre village abrite une bonne centaine de chiens. La plus grande \u00eele de la plan\u00e8te n\u2019a pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la part de son tuteur l\u00e9gal, le Danemark, des m\u00eames largesses financi\u00e8res que le Nunavut. Le Groenland est jaloux de son autonomie et les relations avec son lointain parent europ\u00e9en ont souvent \u00e9t\u00e9 distendues et difficiles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.3poles.fr\/gallery\/terre-de-baffin\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4002 alignright\" src=\"http:\/\/www.3poles.fr\/\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-traineau3-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-traineau3-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-traineau3-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-traineau3-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-traineau3-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-traineau3-98x65.jpg 98w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-traineau3-1200x800.jpg 1200w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-traineau3.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 85vw, 300px\" \/><\/a>Le r\u00e9veil est matinal. Cela fait maintenant trois jours que nous avons quitt\u00e9 Paris. Apr\u00e8s un petit-d\u00e9jeuner copieux, nous chargeons les tra\u00eeneaux. Vers 9 heures, nous attelons les chiens. Les tra\u00eeneaux des Inuits ne ressemblent en aucun point \u00e0 ceux que l\u2019on rencontre en Alaska, en Finlande ou plus au sud du Canada. Plus long, plus large, ils sont beaucoup plus lourds et peuvent transporter jusqu\u2019\u00e0 quatre personnes. Les chiens, entre 10 et 15, peuvent tirer jusqu\u2019\u00e0 700 kilos. Ils sont dispos\u00e9s en \u00e9toile, un par longe \u2013 et non en file indienne sur la m\u00eame longe \u2013 afin qu\u2019un seul chien ne puisse entra\u00eener le reste de la meute, soit dans un trou d\u2019eau, soit dans un pi\u00e8ge provoqu\u00e9 par la d\u00e9formation de la banquise. Le chien de t\u00eate, en avant et au centre de l\u2019\u00e9toile, est en g\u00e9n\u00e9ral une femelle. Mieux disciplin\u00e9e, plus ob\u00e9issante, elle entra\u00eene le reste de la meute, principalement compos\u00e9e de males. Le conducteur du tra\u00eeneau, le musher, est assis en avant sur une caisse haute d\u2019environ 60 centim\u00e8tres. Il dirige la meute \u00e0 la voix et \u00e0 l\u2019aide d\u2019un fouet. La principale difficult\u00e9 lors de grandes travers\u00e9es en tra\u00eeneau est li\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sence d\u2019hummocks sur la glace, ces d\u00e9formations de la banquise provoqu\u00e9es par le mouvement des plaques sur la mer qui s\u2019entrechoquent et se chevauchent cr\u00e9ant, par endroits, des d\u00e9pressions et des monticules de glace ac\u00e9r\u00e9e plus ou moins imposants. Dans les zones o\u00f9 les hummocks sont denses, le tra\u00eeneau peine \u00e0 progresser. Les risques de retournement ou de casse sont nombreux. En outre, les chiens si ils s\u2019\u00e9cartent trop les uns des autres, risquent de laisser leur longe se prendre dans un hummock, l\u2019isolant ainsi du reste de la meute. Si le tra\u00eeneau continue \u00e0 progresser, le chien est violemment projet\u00e9 vers l\u2019arri\u00e8re, puis glisse entre les patins du tra\u00eeneau. Le chien est alors \u00e9cras\u00e9 par le poids du tra\u00eeneau ou bless\u00e9 par le frottement de la glace et le contact des patins. Le chien peut \u00e9galement rester bloqu\u00e9 par le hummock\u00a0; il est alors \u00e9cartel\u00e9 par la traction qu\u2019exerce la meute pour poursuivre son chemin. Ce type de tra\u00eeneau reste, en effet, relativement difficile et lent \u00e0 arr\u00eater. La meute tirant sans cesse, il faut parfois rattraper en courant les chiens, puis les d\u00e9passer pour s\u2019interposer \u00e0 l\u2019aide du fouet et stopper leur progression.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est 10 heures du matin. Pas un nuage. Il fait l\u00e9g\u00e8rement plus chaud qu\u2019hier, autour de -14\u00b0c. Des conditions id\u00e9ales pour une premi\u00e8re journ\u00e9e. Je suis sur le tra\u00eeneau de Michel. Vers 14 heures, nous stoppons pour avaler un en-cas. Un peu plus tard, nous croisons un campement, compos\u00e9 de 4 ou 5 baraquements. C\u2019est la seule manifestation de la pr\u00e9sence humaine que nous apercevrons jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 notre refuge, situ\u00e9 \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres de l\u2019ancienne station baleini\u00e8re de Kivitoo. Nous y arrivons un peu avant 19 heures. Michel a admirablement conduit la meute. C\u2019est un Qu\u00e9b\u00e9cois pure souche. Il habite dans le nord du Qu\u00e9bec, \u00e0 la Tuque o\u00f9 il a fond\u00e9 une petite entreprise de voyages qui organise des raids en motoneige l\u2019hiver et des ballades en kayak de mer ou en canot de rivi\u00e8res, l\u2019\u00e9t\u00e9. Il est sympathique, jovial, parfois bourru. Il aime cette vie en plein air, au plus proche de la nature, qu\u2019il a choisi il y a quelques ann\u00e9es, apr\u00e8s une p\u00e9riode de ch\u00f4mage douloureuse. Il m\u2019appara\u00eet pos\u00e9, un tantinet solitaire, extr\u00eamement serviable, profond\u00e9ment chaleureux. Je passerai de fabuleux moments en sa compagnie, seuls sur notre tra\u00eeneau, au milieu de nulle part.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le refuge qui nous accueille est compos\u00e9 de deux baraquements attenants et d\u2019une remise. Ni eau, ni \u00e9lectricit\u00e9. Nous nous \u00e9clairons \u00e0\u00a0la bougie et nous chauffons au bois. La temp\u00e9rature qui y r\u00e8gne, environ 10\u00b0c, est plut\u00f4t agr\u00e9able compte tenu des conditions \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. L\u2019eau est puis\u00e9e sous la glace d\u2019un lac situ\u00e9 \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres. Notre baraquement se compose d\u2019une pi\u00e8ce commune et d\u2019un dortoir. A travers la fen\u00eatre, le soleil frise l\u2019horizon d\u00e9sertique. La beaut\u00e9 du Grand Nord se r\u00e9v\u00e8le compl\u00e8tement. Il n\u2019y a rien, mais tellement de choses s\u2019offrent \u00e0 vous. Tellement au fond de votre t\u00eate, de votre c\u0153ur, de vos tripes. Un sentiment de solitude et d\u2019infini. Un go\u00fbt d\u2019absolu, une envie folle de conqu\u00eate. En cet instant, je suis chez moi<code class=\"rl-shortcode\"><\/code><\/p>\n[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=&#8221;1\/3&#8243;][vc_single_image image=&#8221;3989&#8243; img_size=&#8221;large&#8221; onclick=&#8221;custom_link&#8221; link=&#8221;\/gallery\/terre-de-baffin\/&#8221;][\/vc_column][vc_column width=&#8221;1\/3&#8243;][vc_single_image image=&#8221;4001&#8243; img_size=&#8221;large&#8221; onclick=&#8221;custom_link&#8221; link=&#8221;\/gallery\/terre-de-baffin\/&#8221;][\/vc_column][vc_column width=&#8221;1\/3&#8243;][vc_single_image image=&#8221;4006&#8243; img_size=&#8221;large&#8221; onclick=&#8221;custom_link&#8221; link=&#8221;\/gallery\/terre-de-baffin\/&#8221;][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text]\n<table style=\"width: 100%;\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"3\" bgcolor=\"#efefef\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><em><strong>Dimanche 14 Avril<\/strong><\/em><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je retrouve avec bonheur la pi\u00e8ce commune qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 chauff\u00e9e pendant la nuit et dans laquelle Michel pr\u00e9pare d\u00e9j\u00e0 notre petit-d\u00e9jeuner. C\u2019est la seule occasion que nous avons, avec l\u2019en-cas que nous avalons \u00e0 midi, de manger une nourriture \u00ab\u00a0occidentale\u00a0\u00bb. A partir de ce soir, et tous les soirs, nous mangerons au d\u00eener du foie de phoque, du li\u00e8vre arctique, de la viande de phoque, du rago\u00fbt de caribou. Mes yeux s\u2019ouvrent \u00e0 peine, mes narines sont picot\u00e9es par le froid qui r\u00e8gne dans la pi\u00e8ce. Bien en dessous de 0\u00b0c.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous nous pr\u00e9parons pour une grande journ\u00e9e de chasse \u00e0 l\u2019ours. Malgr\u00e9 sa grande curiosit\u00e9, l\u2019ours blanc est un animal difficile \u00e0 rep\u00e9rer. C\u2019est le plus grand des carnivores terrestres. Les m\u00e2les adultes p\u00e8sent de 400 \u00e0 600 kg et peuvent parfois atteindre les 800 kg ; ils mesurent de 2,4 \u00e0 2,6 m\u00e8tres. Rapide, puissant, il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 attaquer l\u2019homme. Il dispose d\u2019un odorat extr\u00eamement d\u00e9velopp\u00e9, nage parfaitement bien, est capable de survivre pendant plusieurs mois sans manger. Il n\u2019h\u00e9site parfois pas \u00e0 attaquer des campements. Combien d\u2019exp\u00e9ditions n\u2019ont-elles pas \u00e9t\u00e9 suivies \u00e0 la trace, pendant plusieurs jours, par ours blanc\u00a0? Aujourd\u2019hui, la chasse de \u00ab\u00a0Nanuk\u00a0\u00bb \u2013 l\u2019ours polaire en inuktitut \u2013 est r\u00e9glement\u00e9e. Chaque village se voit attribuer, chaque ann\u00e9e, un quota de chasse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.3poles.fr\/gallery\/terre-de-baffin\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3995 alignleft\" src=\"http:\/\/www.3poles.fr\/\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-Jeunephoque1-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-Jeunephoque1-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-Jeunephoque1-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-Jeunephoque1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-Jeunephoque1-1200x800.jpg 1200w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J3-Jeunephoque1.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 85vw, 300px\" \/><\/a>Aucun ours en vue. Mais nous d\u00e9couvrons un b\u00e9b\u00e9 phoque, tout juste sorti du ventre de sa m\u00e8re et abandonn\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un trou de respiration \u00e0 notre approche. Le jeune phoque a encore son cordon ombilical sous le ventre et les traces de sang autour du trou de respiration t\u00e9moignent de l\u2019accouchement tout proche. Pour cette fois, il ne sera pas tu\u00e9 par nos compagnons inuits, mais mourra sans doute, peu apr\u00e8s notre d\u00e9part, tu\u00e9 par le froid ou par un ours blanc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La journ\u00e9e est superbe. Le temps s\u2019est l\u00e9g\u00e8rement rafra\u00eechi (-18\u00b0c) et annonce les journ\u00e9es qui vont suivre\u00a0: plus froides, plus grises. Pour l\u2019heure, le b\u00e9b\u00e9 phoque a excit\u00e9 les instincts de chasseur de mes compagnons inuits. Pas l\u2019ombre d\u2019un ours\u00a0? Va pour un phoque. Sit\u00f4t un adulte rep\u00e9r\u00e9 \u00e0 plusieurs centaines de m\u00e8tres, Jimmy, le fils de Pauloosie, avance sur la banquise, cach\u00e9 par un voile blanc, vers le phoque qui se pr\u00e9lasse au soleil \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un trou de respiration. Premi\u00e8re balle au but et en pleine t\u00eate. Nous rejoignons Jimmy \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du phoque. C\u2019est Pauloosie qui, ex\u00e9cutant les m\u00eames gestes qui se r\u00e9p\u00e8tent ici depuis des mill\u00e9naires, d\u00e9coupera la viande.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.3poles.fr\/gallery\/terre-de-baffin\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4023 alignright\" src=\"http:\/\/www.3poles.fr\/\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J6-Pauloosie-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J6-Pauloosie-200x300.jpg 200w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J6-Pauloosie-768x1152.jpg 768w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J6-Pauloosie-683x1024.jpg 683w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J6-Pauloosie.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 85vw, 200px\" \/><\/a>Notre guide est n\u00e9 dans les ann\u00e9es vingt sur les terres qu\u2019il habite encore aujourd\u2019hui. A l\u2019\u00e9poque, les contacts avec les hommes blancs \u00e9taient rares. Un campement militaire un peu plus au nord compos\u00e9 d\u2019une dizaine d\u2019hommes qui se relayaient tout au long de l\u2019hiver austral, de rares exp\u00e9ditions scientifiques, quelques baleiniers venus au printemps sur des bateaux \u00e0 voile ou \u00e0 vapeur chasser la baleine et sa pr\u00e9cieuse graisse. Les Inuits sont encore un peuple isol\u00e9, m\u00e9fiant \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Qaalunat, ces hommes s\u00fbrs de leur sup\u00e9riorit\u00e9 technologique, mais incapables de survivre sous ces latitudes. A l\u2019\u00e9poque, combien d\u2019exp\u00e9ditions scientifiques ou militaires ne connurent pas de fin dramatique\u00a0? Combien d\u2019hommes surv\u00e9curent aux hivernages forc\u00e9s, parmi les glaces, quand les Inuits y survivaient depuis des si\u00e8cles\u00a0? Comment comprendre ceux qui, au d\u00e9but du 20\u00e8me si\u00e8cle, tentaient encore de survivre dans ces r\u00e9gions les plus hostiles de la plan\u00e8te, avec un \u00e9quipement et une nourriture inadapt\u00e9e et faisaient avancer leurs tra\u00eeneaux \u00e0 bras d\u2019hommes. Pauloosie a v\u00e9cu, en acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, ce que le monde occidental a mis des mill\u00e9naires \u00e0 parcourir. Il a appris \u00e0 ma\u00eetriser en quelques dizaines d\u2019ann\u00e9es ce que l\u2019homme blanc a mis des mill\u00e9naires \u00e0 inventer. Il est n\u00e9 dans un igloo \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les villes et villages cr\u00e9\u00e9s par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral n\u2019existaient pas\u00a0; o\u00f9 seuls cohabitaient diss\u00e9min\u00e9s aux confins des d\u00e9troits de Davis et de Lancaster. A une \u00e9poque o\u00f9 les Inuits vivaient de leur chasse et de leur p\u00eache, ne s\u2019habillaient que de peaux de b\u00eates, ne disposaient que de quelques instruments en fer (pointes, fl\u00e8ches, harpons) glan\u00e9s ici et l\u00e0 au hasard d\u2019une rencontre avec des baleiniers ou une exp\u00e9dition. N\u00e9 dans un monde primitif, Pauloosie \u00e9volue d\u00e9sormais \u00e0 son aise dans un monde sur lequel l\u2019Occident a laiss\u00e9 son empreinte. Et pourtant, l\u00e0, sous nos yeux, il reproduit encore et toujours, les gestes qu\u2019il a appris de son grand-p\u00e8re, qui lui-m\u00eame les avait appris de son a\u00efeul, et de l\u2019a\u00efeul de son a\u00efeul. Une plong\u00e9e dans un lointain pass\u00e9 qui ne survit que parce que lui, Pauloosie, vit encore. Mais apr\u00e8s\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je me souviendrai longtemps de la fa\u00e7on dont il d\u00e9pe\u00e7a le phoque. Pas un geste de trop. Tout \u00e9tait calcul\u00e9 \u00e0 l\u2019avance. Pas une goutte de sang sur ses v\u00eatements. La chair pour les chiens\u00a0; le muscle dorsal, les visc\u00e8res, le foie, le c\u0153ur, pour nous\u00a0; la graisse, abandonn\u00e9e sur la neige \u00e0 l\u2019ours blanc\u00a0; la peau, admirablement transform\u00e9e en un grand sac pour transporter la viande pour les chiens. Pauloosie d\u00e9guste, avant de les couper, chaque morceau d\u2019intestin, de rein ou de foie qui nous est destin\u00e9. Encore chaud, d\u00e9goulinant du sang de la b\u00eate. Pauloosie, heureux, fier, sait qu\u2019il reproduit un rite ancestral que ses fils d\u00e9j\u00e0 ne reproduisent plus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le soir, \u00e0 l\u2019\u00e9tape, premi\u00e8re nuit en igloo.<\/p>\n<table style=\"width: 100%;\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"3\" bgcolor=\"#efefef\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><em><strong>Lundi 15 Avril<\/strong><\/em><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le temps s\u2019est encore refroidi\u00a0: -23\u00b0c. Le vent a commenc\u00e9 \u00e0 souffler pendant la nuit. Les nuages sont bas et un l\u00e9ger brouillard envahit toute la c\u00f4te. Les heures passant, les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques vont se d\u00e9t\u00e9riorer, nous obligeant \u00e0 \u00e9courter le programme pr\u00e9vu la veille. Avant la fin de la journ\u00e9e, le thermom\u00e8tre sera descendu en dessous des -30\u00b0c.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.3poles.fr\/gallery\/terre-de-baffin\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4010 alignleft\" src=\"http:\/\/www.3poles.fr\/\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J4-Station-baleinie\u0300re2-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J4-Station-baleinie\u0300re2-200x300.jpg 200w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J4-Station-baleinie\u0300re2-768x1152.jpg 768w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J4-Station-baleinie\u0300re2-683x1024.jpg 683w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J4-Station-baleinie\u0300re2.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 85vw, 200px\" \/><\/a>Apr\u00e8s une petite heure de tra\u00eeneau, nous arrivons \u00e0 l\u2019ancienne station baleini\u00e8re de Kivitoo. Cette base fut en exploitation pendant tout le 19\u00e8me si\u00e8cle et jusqu\u2019au d\u00e9but du 20\u00e8me. Elle servait de refuge aux marins \u00e9cossais embarqu\u00e9s sur des baleiniers qui, le printemps arriv\u00e9, et jusqu\u2019au d\u00e9but de l\u2019automne, venaient chasser la baleine dans le d\u00e9troit de Davis et, un peu plus au nord, en Baie de Baffin. Cette station permanente, compos\u00e9e d\u2019une seule b\u00e2tisse, contenant une unique pi\u00e8ce d\u2019\u00e0 peine 20 m2, servait d\u2019abris aux hommes entre chaque campagne de chasse. Elle est dans un \u00e9tat de conservation exceptionnel, mais somme toute logique dans ce d\u00e9sert froid o\u00f9 les pr\u00e9cipitations sont rarissimes et o\u00f9 la s\u00e9cheresse pr\u00e9serve les choses et les \u00eatres de la d\u00e9composition qu\u2019ils conna\u00eetraient sous nos latitudes. On y distingue encore dans la cabane un vieux po\u00eale en fonte, un bahut dans lequel \u00e9taient sans doute entrepos\u00e9s quelques outils n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019exploitation et \u00e0 l\u2019entretien de la base et des lits superpos\u00e9s \u00e0 moiti\u00e9 effondr\u00e9s. Cette station avait pour objet de proc\u00e9der \u00e0 la transformation de la mati\u00e8re brute extraite du corps de la baleine avant de l\u2019acheminer vers l\u2019Europe. On y faisait notamment fondre, dans d\u2019imposantes barriques carr\u00e9es en m\u00e9tal, la graisse extraite du corps de l\u2019animal. Au 19\u00e8me si\u00e8cle, la graisse de baleine a de multiples usages\u00a0; elle permet notamment aux habitants des pays d\u00e9velopp\u00e9s de se chauffer et de s\u2019\u00e9clairer. C\u2019est un produit recherch\u00e9 et son exploitation bat son plein dans cette zone pendant toute la seconde moiti\u00e9 du 19\u00e8me si\u00e8cle. La vie de ces marins a peu marqu\u00e9 l\u2019histoire polaire. Pourtant, ce furent de formidables aventuriers et explorateurs. Souvent tr\u00e8s pauvres, ils s\u2019embarquaient pendant de longs mois sur des navires en bois qui risquaient le naufrage \u00e0 chaque rencontre d\u2019un iceberg ou d\u2019une plaque d\u00e9rivante. Ils \u00e9taient le plus souvent sous-aliment\u00e9s, \u00e9quip\u00e9s de v\u00eatements en laine ou en coton totalement inadapt\u00e9s \u00e0 ces latitudes et souffraient du froid, du gel et du scorbut. Pour chasser la baleine, ils s\u2019embarquaient dans de fr\u00eales embarcations \u00e0 six ou huit, passaient des heures en pleine mer, ballott\u00e9s par les vagues, fouett\u00e9s par les embruns glac\u00e9s. Apr\u00e8s l\u2019avoir harponn\u00e9, ils devaient s\u2019approcher suffisamment de l\u2019animal agonisant, risquant \u00e0 tout moment d\u2019\u00eatre renvers\u00e9s par l\u2019imposant c\u00e9tac\u00e9 puis l\u2019attacher solidement sur l\u2019un des c\u00f4t\u00e9s de la barque afin d\u2019\u00e9viter qu\u2019il ne coule \u00e0 pic. L\u2019\u00e9quipage se positionnait alors bord \u00e0 bord avec le navire principal, puis montait sur le dos de l\u2019animal pour le d\u00e9pecer, dans le froid glacial, risquant \u00e0 tout moment de tomber dans l\u2019eau et d\u2019\u00eatre broy\u00e9 entre les flancs du navire et l\u2019\u00e9norme b\u00eate. Beaucoup de marins succomb\u00e8rent et le petit cimeti\u00e8re, admirablement conserv\u00e9, situ\u00e9 \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres de la station, est l\u00e0 pour en t\u00e9moigner\u00a0: \u00ab\u00a0James Hopkins, marin, natif de Perlican, \u00e2g\u00e9 de 22 ans, mort \u00e0 bord du S.S. Eagle, le 9 septembre 1891\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Will Brown, originaire de Dundee, second ma\u00eetre \u00e0 bord du S.S. Esquimaux, mort le 17 septembre 1866, \u00e0 l\u2019age de 37 ans\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous nous dirigeons sur la banquise, \u00e0 la sortie du fjord au fond duquel est install\u00e9 la station de Kivitoo, pour aller r\u00e9cup\u00e9rer deux filets pos\u00e9s sous la glace une dizaine de jours plus t\u00f4t par nos accompagnateurs inuits. L\u2019un des filets est vide. Mais le deuxi\u00e8me a pris au pi\u00e8ge un phoque qui nageait sous la banquise. Pris dans la nasse, il s\u2019est d\u00e9battu jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9puisement et l\u2019asphyxie. Son corps est quasiment gel\u00e9\u00a0; cela doit faire plusieurs jours qu\u2019il est l\u00e0, coinc\u00e9 sous la glace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le vent est de plus en plus fort, la temp\u00e9rature chute. Nous d\u00e9cidons de rentrer au camp. C\u2019est une deuxi\u00e8me nuit en igloo qui s\u2019annonce. Plus difficile et plus froide que la premi\u00e8re.<\/p>\n<table style=\"width: 100%;\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"3\" bgcolor=\"#efefef\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><em><strong>Mardi 16 Avril<\/strong><\/em><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.3poles.fr\/gallery\/terre-de-baffin\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-4009 alignright\" src=\"http:\/\/www.3poles.fr\/\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J5-Igloo1-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J5-Igloo1-200x300.jpg 200w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J5-Igloo1-768x1152.jpg 768w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J5-Igloo1-683x1024.jpg 683w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J5-Igloo1.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 85vw, 200px\" \/><\/a>Dehors le vent souffle tr\u00e8s fort. Une nouvelle journ\u00e9e de blizzard, comme lors de notre arriv\u00e9e \u00e0 Iqaluit, il y a 6 jours. Mais nous sommes beaucoup plus au nord. Il fait -29\u00b0c sous abri. Le vent qui souffle en rafales et forme des cong\u00e8res de neige sur la banquise fait descendre la temp\u00e9rature relative aux environs de -40\u00b0c. Nous restons clo\u00eetr\u00e9 toute la journ\u00e9e. Le temps passe lentement. Une journ\u00e9e grise mais qui nous permet d\u2019entrevoir l\u2019un des visages du Grand Nord\u00a0: hostile, inhospitalier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est notre derni\u00e8re journ\u00e9e ici. Demain, nous repartirons vers le sud.<\/p>\n<table style=\"width: 100%;\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"3\" bgcolor=\"#efefef\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><em><strong>Mercredi 17 Avril<\/strong><\/em><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\">Grand soleil. Pas de vent. Il fait environ -20\u00b0c. Cette derni\u00e8re longue journ\u00e9e de tra\u00eeneau s\u2019annonce fabuleuse. Je me suis acclimat\u00e9 au froid et au rythme de vie du Grand Nord. Cette journ\u00e9e passera calmement, sans heurts. Je me sens dans mon \u00e9l\u00e9ment. Tout est apaisant.<\/p>\n<table style=\"width: 100%;\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"3\" bgcolor=\"#efefef\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><em><strong>Jeudi 18 Avril<\/strong><\/em><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.3poles.fr\/gallery\/terre-de-baffin\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-3992 alignleft\" src=\"http:\/\/www.3poles.fr\/\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J2-Banquise1-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J2-Banquise1-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J2-Banquise1-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J2-Banquise1-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J2-Banquise1-1200x800.jpg 1200w, https:\/\/www.3poles.fr\/wp-content\/uploads\/expeditions\/AmeriqueDuNord\/Terre-de-Baffin\/J2-Banquise1.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 85vw, 300px\" \/><\/a>C\u2019est le jour du d\u00e9part. Il fait -17\u00b0c. Grand beau et pas de vent. Notre adieu \u00e0 Qikiqtarjuaq, \u00e0 ses habitants, et \u00e0 nos accompagnateurs. L\u2019avion qui doit nous ramener \u00e0 Iqaluit, via Pangnirtung, part en fin de matin\u00e9e. M\u00eame si nous serons demain encore au Nunavut, c\u2019est le v\u00e9ritable adieu \u00e0 la Terre de Baffin et au Grand Nord.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai l\u2019impression d\u2019\u00eatre parti depuis des semaines. Je suis v\u00e9ritablement sorti du monde pendant un bref laps de temps. Je reviendrai\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><code class=\"rl-shortcode\">\u00a0<\/code><\/p>\n[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row]\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column][vc_column_text el_class=&#8221;addQuote&#8221;] \u00ab Il faut avoir un chaos en soi pour accoucher d\u2019une \u00e9toile qui danse \u00bb &nbsp; Friedrich Nietzsche [\/vc_column_text][vc_separator color=&#8221;mulled_wine&#8221; border_width=&#8221;2&#8243; el_width=&#8221;40&#8243; el_class=&#8221;baisseLeSeparateur&#8221;][vc_column_text] JOURNAL DE BORD &#8211; TERRE DE BAFFIN [\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column width=&#8221;1\/3&#8243;][vc_single_image image=&#8221;4024&#8243; img_size=&#8221;large&#8221; onclick=&#8221;custom_link&#8221; link=&#8221;\/gallery\/terre-de-baffin\/&#8221;][\/vc_column][vc_column width=&#8221;1\/3&#8243;][vc_single_image image=&#8221;4022&#8243; img_size=&#8221;large&#8221; onclick=&#8221;custom_link&#8221; link=&#8221;\/gallery\/terre-de-baffin\/&#8221;][\/vc_column][vc_column width=&#8221;1\/3&#8243;][vc_single_image image=&#8221;4012&#8243; img_size=&#8221;large&#8221; onclick=&#8221;custom_link&#8221; link=&#8221;\/gallery\/terre-de-baffin\/&#8221;][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text] Raid en tra\u00eeneau \u00e0 chiens en Terre &hellip; <a href=\"https:\/\/www.3poles.fr\/en\/expeditions\/amerique-du-nord\/terre-de-baffin\/\" class=\"more-link\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\"> &#8220;Terre de Baffin&#8221;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4002,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3,7],"tags":[],"class_list":["post-287","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-amerique-du-nord","category-regions-polaires"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.3poles.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/287","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.3poles.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.3poles.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.3poles.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.3poles.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=287"}],"version-history":[{"count":23,"href":"https:\/\/www.3poles.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/287\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5853,"href":"https:\/\/www.3poles.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/287\/revisions\/5853"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.3poles.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4002"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.3poles.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=287"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.3poles.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=287"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.3poles.fr\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=287"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}