Progression graph
Temperatures in the middle of Greenland (live)

Some advice before departure
Itinéraire
La traversée Eqip Sermia – Isortoq est un itinéraire long, environ 670 km en ligne droite de la mer à la mer, beaucoup moins pratiqué que la « classique » Kangerlussuaq – Isortoq (environ 530 km en ligne droite). L’accès à la calotte glaciaire par l’ancienne voie des Expéditions Polaires Françaises (EPF) présente une pente moyenne sans difficulté technique. Néanmoins, certains courts passages sont particulièrement difficiles à grimper avec des pulkas pesant plus de 100 kilos. L’orientation ne pose pas de difficulté sur la première partie de l’ancienne voie des EPF (jusqu’à environ 350 m) ; l’itinéraire est parfois moins évident au-delà. Se repérer grâce aux cairns (monticules de pierre) élevés le long de la voie. Il faut compter 3 jours pour faire l’ascension de l’ancienne voie des EPF jusqu’à la calotte glaciaire, parfois moins avec des pulkas allégées et une excellente condition physique.
Sens de la traversée
Nous avons réalisé la traversée du Groenland d’ouest en est. Sur cet itinéraire, le point le plus haut de la traversée est situé à 430 km du départ et à 240 km de l’arrivée. La montée est donc plus régulière mais également beaucoup plus longue que dans le sens inverse. Par ailleurs, jusqu’au point le plus élevé de la traversée, le parcours se fait contre les vents dominants.
Climat
Le choix de la période de la traversée doit se faire en fonction de la condition physique et de la capacité de résistance au froid des participants, mais doit également tenir compte des effets du réchauffement estival sur l’état de la neige et sur la stabilité du terrain (crevasses, ponts de neige, bédières,…).
La grande majorité des expéditions ont lieu en mai / juin à une époque de relative stabilité du climat afin de profiter d’un terrain encore sain et de températures relativement clémentes.
Notre expédition a, quant elle, débuté début avril, à la sortie de l’hiver, et a pris fin début mai. Pendant les 20 premiers jours de la traversée, nous avons été confronté à des températures particulièrement basses comprises entre -20°c et -40°c sous abri, à une instabilité météorologique importante, liée au passage d’une saison à une autre, accompagnée de vents violents.
Terrain
En raison d’importantes chutes de neige pendant les deux semaines ayant précédé notre départ, notre progression a été ralentie par une épaisse couche de poudreuse pendant la première semaine de l’expédition. En revanche, nous avons par la suite profité d’un terrain dur et relativement plat jusqu’au sommet de notre traversée, avec peu de crevasses ouvertes ou ponts de neige (à l’exception de la zone située dans l’axe du glacier se déversant dans le fjord d’Ilulissat). La descente vers Isortoq est beaucoup plus chaotique : de nombreuses congères coupent perpendiculairement la trace ralentissant sensiblement la progression.
Equipement
Nous avons fait le choix de réaliser la traversée en autonomie complète (sans ravitaillement, sans voile de traction,…).
Nous sommes partis avec une tente principale (North Face VE25) et une tente de secours (North Face Westwind), ainsi que deux réchauds MSR Dragonfly (en cas de défaillance de l’un des deux).
Il est important de se doter de tout le matériel nécessaire (pièces de tissus, colle forte, ruban adhésif, nécessaire de couture, arceaux de rechange, outil multifonctions…) pour pouvoir réparer les tentes, réchauds, matelas gonflables, vêtements, gants, etc…
Plus le départ est donné tôt dans la saison, plus il faudra emporter un bon équipement thermique ; nous disposions d’une veste en duvet (North Face Summit) chacun, d’un sac de couchage en synthétique (North Face Dark Star) et d’un sac de couchage en duvet (North Face Inferno). A l’usage, sur ce type d’expédition et malgré la relative sécheresse à l’intérieur du Groenland, le sac de couchage en synthétique se révèle beaucoup plus facile d’utilisation et plus polyvalent. Beaucoup moins sensible à l’humidité présente dans la tente, il garde tout son pouvoir calorifique même mouillé (gelé). Il est certes plus volumineux et plus lourd mais ces inconvénients ne sont pas aussi sensibles avec une pulka qu’avec un sac à dos.
Concernant l’orientation et la sécurité, nous sommes partis avec une balise Sarsat, deux téléphones satellite, un GPS, deux boussoles, une carte des zones de départ et d’arrivée, ainsi qu’un panneau solaire pour recharger tout notre matériel électrique. Il n’est pas nécessaire d’emporter un fusil, le risque de croiser un ours étant inexistant dans la zone de départ et très faible dans la zone d’arrivée.
Afin d’assurer sa sécurité au début et à la fin de l’expédition, il est nécessaire de prévoir tout le matériel classique de progression sur glacier et de sortie de crevasses.
Enfin, une dernière recommandation : toujours partir avec du matériel neuf ; certains matériels qui nous semblaient neufs, mais dont nous ne connaissions pas le degré d’usure, nous ont joué des tours.
A brief history of Greenland's crossings
Till the end of the 19th century, the inner Greenland was totally unknown.
In 1888, Fridtjof Nansen achieved, in 40 days, the first crossing of Greenland, over approximately 500 km, south of the 65th parallel.
Four years later, the explorer who dedicated his entire life to the North Pole, the American Robert Peary, repeated Nansen’s exploit. In 1909 Peary claimed the conquest of the Pole with dog sleds. If Peary was certainly the first man to reach 88° north, his success on the pole is unreliable.
The polar explorer Knud Rasmussen fulfilled the crossing in 1912, then Paul-Emile Victor and his team (Robert Gessain, Michel Perez and Eigil Knuth) is the first French man to cross the inlandsis in 1936 with dog sleds.
During the last decades, some big names of the polar exploration or mountaineering tried this mythical crossing.
In 1988, Jean-Louis Etienne, the first solo man to reach the North Pole with skis, prepared in Greenland the crossing of Antarctica with dog sleds which he led one year later with Will Steger.
In 1993, Reinhold Messner, the first man who climbed the fourteen 8 000m summits and who reached the summit of mount Everest without oxygen, and his brother Hubert attempted the crossing but were stopped by bad meteorological conditions.
In 1993 also, the polar legend Marek Kaminski, the first man who reached North Pole and South Pole unsupported, succeed the crossing.
Then Laurence de la Ferrière, who established several feminine world records in high altitude climbing and without oxygen and who has been the first French female to reach solo the South Pole, fulfilled the crossing in 1995 together with Alain Hubert.
The same year, Antoine de Choudens, member of the High Mountain Military Group (Groupe Militaire de Haute Montagne), also achieved the crossing; little known by the public, he is nevertheless the first man in the world to reached the "3 Poles" unsupported: North Pole in 1996, Everest (without oxygen) in 1997 and South Pole in 1999.
Finally, Mike Horn, who since realized a world tour following the Arctic Circle and then reached the North Pole together with Borge Ousland, achieved the crossing in 2002, after an aborted attempt in 2001.
Transgreenland 1936 - French Alpine Club Journal - July 1937

A picture from the French Polar Expeditions in Greenland in 1967-68

(by kind permission of Georges Gadioux)