Mercredi 25 avril 2007
22ème jour sur la calotte – 252 km parcourus - ~ 2 000 m d’altitude
Olivier et Guillaume sont bientôt au plus haut de leur parcours : les 2 500 m de Summit au centre du Groenland semblent inatteignables. Le froid, exceptionnel pour la saison, et les vents souvent de face ne rendent pas la partie facile.
Les « petits » maux se multiplient ; ils souffrent tour à tour de tendinite au talon d’Achille, le mal par excellence du marcheur. La solitude également est de plus en plus lourde à supporter : même si le soir, ils sont à 2 sous la tente, pendant la journée les discussions sont rares et les coups de blues sont fréquents.
Une fois Summit atteint tout deviendra plus simple : ils s’éloigneront progressivement de l’épicentre du froid pour se diriger vers la côte et une descente en pente douce les amènera au terme de cette épopée.
Leçon de gastronomie polaire
Une question récurrente sur le site 3poles.fr concerne le régime alimentaire de nos aventuriers. Comment se nourrit-on au Groenland ?
Guillaume et Olivier sont partis de Paris avec 35 sacs chacun composant leur ration quotidienne : céréales, lait lyophilisé, riz au lait et cake pour le matin, nouilles chinoises et barres chocolatées pour le déjeuner, soupe, plat lyophilisé, babybel et compote pour le dîner.La ration quotidienne représente 6 000 Kg Calories.
La principale carence concerne les lipides qui sont très peu présents dans les divers aliments en poudre. Pour pallier ce manque, fruits secs et Pemmican : les Amérindiens préparaient ce mélange afin de survivre aux rigueurs de l’hiver. Littéralement "graisse fabriquée", il s’agit de viande séchée, -habituellement du gibier ou du bison- broyée en poudre et mélangée à une quantité égale de graisse fondue (!).
Le plus dur? L’aspect répétitif de ce régime et les boissons. Seulement, 3 menus différents pour plus d’un mois de traversée. Au retour de leur dernière expédition, Olivier comme Guillaume étaient nauséeux rien qu’à l’évocation des nouilles chinoises mais faute de grives… L’eau, de la neige fondue, a un goût assez marqué : elle prend le goût de la gamelle (également utilisée pour faire la « cuisine ») et du pétrole. Boire est tout sauf un plaisir malgré le thé, le jus de fruit en poudre et autre additif sensé masqué le parfum de gasoil.
Toutes vos questions sur 3poles.fr
Cette newsletter a pour but de vous tenir informé de l’avancée de la TransGroenland mais Guillaume et Olivier voulaient surtout partager avec vous leur aventure. N’hésitez donc pas à poser toutes vos questions.
Et comme chaque semaine, retrouvez leur interview vendredi sur Radio Classique entre 11 et 12h.